Je suis une Caille

1

Je ne suis plus français.

Ce pays qui m’a vu naître, je l’ai quitté voilà bientôt trois ans pour fuir l’oppression et pouvoir enfin vivre ma foi au grand jour, parmi mes frères d’armes et de convictions.

Je ne suis plus français. J’ai brûlé mes anciens papiers d’identité à mon arrivée en Tostaquie, notre principauté, berceau du coturnisme et première pierre d’un futur Grand Caillifat mondial, arraché de haute lutte aux griffes des laïcistes forcenés qui l’occupaient depuis des siècles et qui s’y sont accrochés jusqu’au bout, n’ayant pas compris que le monde avait changé. N’ayant pas vu que le peuple voulait enfin pouvoir vivre dans un pays où Etat et Religion ne feraient plus qu’un, où le pouvoir spirituel et temporel s’accorderaient enfin dans une harmonie parfaite. Cette aspiration, ce rêve commun, nous en avons fait une réalité. Des français quittent chaque jour leur pays pour venir nous rejoindre, dans l’espoir d’une vie conforme à leurs croyances et d’une TVA attractive. Ô, liberté de croire et de se soumettre à la volonté du Grand Omentum !

Point français ; tostaque suis.

Cette phrase n’a jamais été aussi vraie que ces dernières semaines, durant lesquelles l’ensemble des internets mondiaux – réseaux sociaux en tête – se sont transformés en un véritable catalogue de provocations à l’encontre du peuple tostaque et du coturnisme, blessant l’ensemble de nos fidèles dans ce qu’ils ont de plus cher : leur amour de la Caille.

Chacun pourra en effet constater qu’en cette période de fêtes de fin d’année (j’ai pu encore voir il y a quelques jours ce lien posté sur la page Facebook d’une personne pourtant respectable !), toute la toile a fleuri de véritables appels au massacre collectif des divins animaux en vue de confectionner tourtes et salades, certains esprits malades allant même jusqu’à exhiber leurs petits corps fragiles et croustillants dans des mises en scènes sordides dont la cruauté et la violence ne peuvent que provoquer le légitime courroux de tout coturniste qui se respecte. [NDLR : nous invitons nos lecteurs les plus sensibles à ne pas regarder la photo suivante, que nous ne partageons ici que dans un souci d’information – ainsi que pour obtenir davantage de clics].

 

Des images insoutenables…

 

Mais l’outrage, déjà incommensurable, ne s’arrête pas là… À côté de ces photos propres à donner la nausée aux plus aguerris d’entre nous, on peut lire des commentaires révoltants qui viennent ajouter l’infamie au blasphème :

«Surnommée « la petite exquise »»

 

«Cet oiseau est reconnu comme symbole d’amour et de fidélité. Voilà certainement pourquoi on la déguste volontiers en amoureux»

 

«Élevée pour sa chair délicate et savoureuse, la caille contente les palais les plus fins.»

 

«En France, elle devient très rare» [NDLR : on se demande pourquoi…..]

 

Certains forcenés nous répondront « Liberté d’expression ! », mais peut-on ainsi fouler au pied les plus intimes convictions de tout un peuple ? Cette liberté ne doit-elle pas s’exercer de façon responsable en prenant soin de ne choquer personne ? Que l’on ne s’étonne pas alors que certains coturnistes, dans un élan sans doute excessif mais bien compréhensible, aient lancé des fawtas contre les auteurs de Marmiton.org, publication mécréante compilant près de 200 recettes à base de Caille !

C’est un sujet qui nous tient particulièrement à cœur, PlumesdeCaille.info n’ayant jamais eu besoin de pressions externes pour faire preuve de toute la déférence et l’obséquiosité dues au Haut-Clergé coturniste et à nos dirigeants bienveillants. Nous savons que la liberté d’expression n’est pas la liberté de blesser, qu’elle doit s’exercer avec retenue, et qu’il n’est pas souhaitable de pouvoir rire de tout. Pour toutes ces raisons, notre rédaction s’associe au peuple tostaque et à l’ensemble de la diaspora coturniste pour que cessent ces persécutions insupportables, en clamant aujourd’hui haut et fort :

Je suis une Caille.

Pin It

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *